Fédération Française de Domotique

RBR 2020 ou Réflexion Bâtiments Durables

On nous parlait il y a encore quelques mois de RT 2020 / Bâtiments passifs.
Néanmoins c’est le concept de la RBR 2020 qui sera mis en place plutôt que la RT 2020 à l’horizon de l’année 2020.
RBR = Réflexion Bâtiment Responsable

L’objectif est d’élargir le débat et ne pas se cantonner qu’à la performance énergétique du projet. Les évolutions successives ont permis une forte amélioration de la performance énergétique. De nouvelles améliorations sont encore possibles mais il faut rester raisonnable et ne pas avoir un coût d’investissement très éloigné de l’économie réalisable ou l’investissement en système complexe générateur de dysfonctionnement ou de maintenance trop coûteuse.

La performance énergétique va, dorénavant, naturellement continuer à progresser autant sur le bâti, les nouveaux assemblages et les systèmes de génie climatique qui s’améliorent régulièrement grâce aux différentes innovations des industriels du marché. Sur ce point de la performance énergétique, le concept du BEPOS (Bâtiment à Energie Positive) sera-t-il obligatoire ou incitatif ?, rien n’est encore acté.

La RBR 2020 va donc s’atteler à traiter 6 grands thèmes :

Les grands thèmes sont là, la réflexion n’en est qu’à ces débuts.

Bâtiments Bas Carbone
La seule recherche de la performance énergétique d’un bâtiment pourrait nous conduire à l’utilisation de solution énergivore pour leur élaboration, l’utilisation ou le recyclage. Une réflexion globale doit être menée afin d’avoir au moins la capacité de choisir et de faire des arbitrages ! Comment établir ce calcul, sur quels points ? C’est l’objet de la réflexion sur ce thème.

Réseaux, photovoltaïque et système électrique
Ce thème consiste à établir les règles qui devraient être définies afin d’atteindre le BEPOS ou Bâtiment à Energie positive. Le BEPOS repose principalement sur une performance RT 2012 améliorée, à ce jour de 20%. Le résiduel de consommation est alors couvert  par une production locale d’énergie. A ce jour elle est principalement assurée par le photovoltaïque. D’autres sources, solutions devraient émerger petit à petit (Micro-Co-génération, Eolienne ?, micro-méthanisation, solution collectives cogénération et Méthanisation, …).

Il faudra pourtant se préoccuper davantage de la capacité des réseaux à recevoir ces productions locales d’énergie (lorsqu’elle n’est pas autoconsommée, elle est réinjectée dans le réseau électrique), mieux transporter voire stocker collectivement pour être en adéquation entre le moment de production et le moment du besoin énergétique.

Numérique et objets connectés
Sujet vaste,  ce sujet va révolutionner nos vies de demain et l’interaction avec les maisons, les logements et les bâtiments dans lesquels nous vivons, nous travaillons.
Les professionnels parlent de domotique, les utilisateurs d’objets et de bâtiments connectés, nos politiques – nos instances officielles du monde du numérique.

Tous parlent des mêmes choses : utiliser mieux, à faible coût tous les systèmes permettant d’améliorer notre confort, de corriger automatiquement nos usages pour les rendre plus efficaces, pour mieux vivre au quotidien. Mais nous sommes dans le bâtiment, le poids des habitudes, l’organisation de notre marché en France, la volonté encore prononcé de travailler avec des langages liés au fabricant du matériel ne font que ralentir ou complexifier ce marché.

Les solutions existent, de nouvelles sortent tous les jours mais comment garantir un fonctionnement simple, accessible autant en coût qu’a l’utilisation, comment modifier la chaine de décision pour faciliter l’intégration du numérique dans nos bâtiments en France ?, voilà plusieurs questions auxquelles ce thème devra apporter des réponses.

Usages et mode de vie dans les bâtiments responsables
L’augmentation de la performance énergétique, l’arrivée du numérique dans le bâtiment peuvent très vite amener à un non-sens.
Tout est fait pour rendre plus efficace, plus confortable un bâtiment mais l’utilisateur reste souvent novice, peu habile voire contre-productif avec sa maison, son logement, son bâtiment dans lequel il travaille.
Finalement personne ne l’a formé, ni donné d’explications sur les spécificités de son bâtiment.

Un exemple concret est celui de la RT 2012 qui a introduit un début de nécessité de pédagogie afin que l’occupant d’un logement RT 2012 puisse mieux comprendre la décomposition de sa consommation énergétique (Art 23 de la RT 2012 : Comptage ou Estimation). Beaucoup l’ont interprété  par la nécessité d’équipement de compteurs permettant de mesurer les consommations du chauffage, de l’eau chaude, des prises de courant. Beaucoup de fabricants proposent ainsi des solutions de comptage avec pour certains d’entre de très belles courbes.

Mais ce n’est pas ce qu’attend l’utilisateur, ce qu’il veut c’est qu’on lui dise si sa consommation est normale et, s’il le souhaite, connaître quels sont les points sur lesquels il pourrait agir pour baisser sa consommation. A contrario un outil comme www.vivresaconso.fr s’attache avant tout à expliquer à l’utilisateur son usage, les points d’améliorations possibles dans son logement afin de comprendre pour agir sur sa « facture énergétique ».

Cet usager du bâtiment a besoin d’être guidé afin d’utiliser plus efficacement ses systèmes et d’agir si il le souhaite. C’est le sens de ce thème qui introduira petit à petit ce réflexe d’aide à l’usager, aide réfléchie et adaptée à un utilisateur profane, notice d’utilisation à destination des usagers (et non qu’à l’installateur), aide interactive…

Economie et valeur des bâtiments responsables
 La réalisation de bâtiments vertueux a un double avantage :

Ces bâtiments intégrant ces « intelligences » de conception, de réalisation et de l’utilisation de matériaux et matériels adéquats doivent avoir une valeur perçue. Comment mettre en avant cette valeur Performance Energétique, Valeur Carbone, Valeur numérique, valeur adaptabilité et valeur recyclage. Beaucoup de questions et de réponses importantes sont à apporter en tentant d’apporter toute l’objectivité qu’est en droit d’attendre un consommateur qui veut faire un choix en conscience.

Ville adaptable
 Sujet vaste et plus au moins bien intégré d’ores et déjà dans la conception des nouvelles parties de Ville. Cette vision de « Ville adaptable » doit être  orientée « développement durable ». L’objectif ici est d’introduire plus d’outils, de référentiels qui permettront de manière systématique de se poser les bonnes questions afin d’assurer  une évolution sereine et maîtrisée des Villes, pouvoir les moduler et les aménager facilement.

Patrice NORMAND
NRGYS DOMOTIC