Fédération Française de Domotique

La domotique collaborative

De nombreux spécialistes vantent en ce moment les vertus de l’économie collaborative. Ils assurent que, de la voiture à l’industrie en passant par l’éducation, les voyages ou le logement, les outils numériques peuvent aider à repenser notre modèle à bout de souffle. C’est intéressant car cela conforte notre vision de la domotique et légitime la façon dont on souhaiterait voir grandir la Fédération. Dans ce secteur, l’humilité est de rigueur et personne ne peut prétendre détenir seul la vérité. Aucun fabricant, aucun opérateur, aucun intégrateur ne peut réussir individuellement. Par nature, la domotique est protéiforme, décloisonnée, complexe et transversale.  

L’histoire récente de la domotique doit nous faire réfléchir. La « domotique 1.0 » basée sur des solutions ultra-propriétaires et portées par des fabricants et des installateurs isolés a fait naufrage. L’échec plus récent des box domotiques destinées aux « économies d’énergie » est aussi révélateur. Il démontre que les consommateurs préfèrent une box domotique complète et évolutive qu’une box mono-usage. Comme pour les télécommandes, les applications sur tablette ou les objets connectés qui ont tendance à proliférer, la satisfaction des utilisateurs passe par des interfaces sur mesure, complètes, cohérentes et débarrassées du superflu. L’échec, enfin, de nombreux domoticiens qui réinventent la roue à chaque projet, change de technologies au grès des nouveautés, développent leur propres solutions et travaillent de façon isolée prouve que la rentabilité passe avant tout par la récurrence, l’échange et la collaboration entre professionnels.

Les acteurs de la « domotique 2.0 » doivent relever ce défi en tirant des enseignements du passé, en capitalisant sur l’énergie et la créativité des nouveaux entrants et en inventant de nouveaux modèles de croissance et de collaboration. Quelques exemples montrent que ce mouvement commence déjà à se prendre forme : de nombreux living labs voient le jour dans toute l’Europe, quelques politiques innovent en lançant de nouvelles filières comme Silver Eco,  la French Tech fait la promotion de l’innovation à la française en montrant que ce pays ne cherche pas à enterrer les nouveaux acteurs, mais veut au contraire les aider, les valoriser ce qui suscite une réelle dynamique collective.

Demain, le collaboratif transformera notre société en profondeur, car il met en relation des particuliers et des professionnels qui se font confiance et placent leurs moyens en commun pour se réapproprier l’économie. Les outils du numérique constituent le catalyseur de cette révolution et sont complétés par des événements ou des espaces de coworking, de créativité et de convivialité. On peut faire un parallèle avec les premières travaux de la Fédération qui ont démontré que le collaboratif 100% virtuel ne suffit pas. Les membres doivent se rencontrer, échanger, apprendre à se connaitre, pour collaborer de manière plus efficace. C’est dans ce contexte que nous multiplierons les occasions de se réunir sur plusieurs salons d’ici la fin de l’année, à Smartgrid Paris en juin pendant lequel nous animerons un Barcamp Smarthome, au Solar Decathlon en juillet où nous organiserons des forums de réflexion, d’échanges et de partage et en décembre avant l’assemblée générale où nous partagerons les résultats des différents groupes de travail.