Synthèse des Universités d’été 2015

20 septembre 2015 dans Actualités

Les universités d’Été organisées la semaine dernière à Lyon par l’Alliance EnOcean avec le soutien de la Fédération Française de Domotique et de la Smart Building Alliance ont tenu toutes leurs promesses.

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Retour sur les Universités d’été 2015

enocean_allianceCet événement qui a rassemblé 250 personnes sur 2 jours (2 fois plus qu’en 2014) a évidemment fait la part belle à la technologie sans pile, sans fil et l’energy harvesting (récupération d’énergie) mais était aussi très ouvert aux autres protocoles du bâtiment dans une logique de transparence et d’interopérabilité.

Table Ronde Universités été2En marge des ateliers, plusieurs sessions plénières étaient organisées autour de thèmes majeurs comme les nouveaux modèles économiques, l’interface avec les objets connectés, la qualité et la certification… Les participants ont également pu profiter du partage d’expérience de plusieurs intégrateurs à travers des études de cas très intéressantes et à une table ronde sur le thème des services.

Synthèse de la table ronde « les services autour du Bâtiment Connecté « 

Emmanuel François avait convié plusieurs participants à la table ronde « Les services autour du Bâtiment Connecté »:

  • David Bonnamour / Smart Home Europe
  • Xavier Dalloz / consultant CES
  • Michael Hutin / Intégrateur NVH
  • FX Jeuland / FFDomotique
  • Emmanuel Olivier –Ubiant / SBA
  • Christian Rozier : BE /SBA
Table Ronde Universités été

xavier-dallozEn préambule, Xavier Dalloz a rappelé le spectre de l’Uberisation de l’économie et le rôle clé des plateformes comme Google, Amazon, Facebook, Apple… « Tous les secteurs d’activités sont concernés : les cartes de crédits, le secteur médical, les réservations de voyages, les consoles de jeux vidéo, les réseaux de communication et bien entendu le bâtiment. » Il s’agit de nouveaux leviers de croissance pour les entreprises impliquées dans les infrastructures smart home / smart building avec son lot d’opportunités et de risques. Comme Nokia ou Kodak, certains acteurs historiques peu agiles et enfermés dans leurs modèles ont du souci à se faire s’il ne se remettent pas en question. Il faut raisonner plateforme parce qu’à l’ère du numérique, il faut raisonner flux et réseaux, et non stocks, ce qui signifie en particulier que l’entreprise ne possède pas ses salariés, ses fournisseurs, ses clients. Elle possède uniquement les relations avec ceux-ci. Elle doit donc entretenir avec eux des interactions et sa valeur découle de sa capacité à valoriser ces différents flux pour créer notamment plus de ressource financière qu’elle n’en consomme. Plus concrètement, le succès d’une plateforme passe par la mise en œuvre des conditions des interactions, la valorisation de l’expérience, la définition et le respect des règles. Une nouvelle façon de faire les affaires émerge et les enjeux sont considérables.

L’avenir de toutes nos entreprises passe donc par le développement de plateformes ou par son intégration dans l’écosystème d’une plateforme. A titre d’exemple, et à petite échelle, la Fédération Française de Domotique peut être considérée comme une mini-plateforme puisqu’elle peut mettre en relation des porteurs de projet via l’annuaire et sa présence sur les salons avec des professionnels qualifiés. La Fédération, en tant que structure à but non lucratif, indépendante des protocoles et des fabricants est légitime dans cette intermédiation et constitue un tiers de confiance (et éventuellement de recours si le projet dérive). Tout repose ensuite sur la valeur générée par le professionnel. On ne vendra plus un produits associé à un service mais plutôt du service associé éventuellement à la vente / location / mise à disposition de matériel selon les fournisseurs (boutique, assurances, opérateurs, fournisseurs d’énergie, promoteurs, intégrateurs…). Le succès passera par les bénéfices perçus par le particulier en terme de confort, d’autonomie, d’économie d’énergie, de sécurité ou dans le tertiaire par la modularité des espaces, le bien-être des employés ou leur productivité. Les problèmes liées à la sécurité et à la confidentialité des données sont à évidemment à adresser mais seront secondaires pour l’utilisateur s’il a confiance dans la plateforme et si les bénéfices sont au rendez-vous pour lui (similaire aux débats passés sur la géolocalisation de nos smartphones ou aux risques liés au paiement en ligne).

Cela implique évidemment une rupture profonde avec le marché actuel et :

  • l’émergence de nouveaux modèles économiques adaptés à l’écosystème smart home / smart buildings,
  • l’arrivée à maturité de briques technologiques standardisées, fiables, interopérables, sécurisées, en partie virtualisées et basées sur l’intelligence artificielle…
  • l’évolution de l’organisation du bâtiment (conception transversale, industrialisation, process rigoureux avec pour modèle le sempiternel et cruel modèle de l’industrie automobile),
  • l’émergence et la mise en avant de nouveaux métiers (conseiller en domotique, AMO smart, energy manager, data manager, facility manager…),
  • la mise à niveau des professionnels du bâtiment (accompagnement, prise de conscience, formation continue, réseaux de partenaires, état d’esprit collaboratif…).

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