Light and Building 2016, la rupture annoncée entre deux mondes

24 mars 2016 dans Actualités

Visiter light+Building est une expérience. Contrairement au CES où sont exposés ici et là des concepts, souvent bien scénarisés, on assiste ici à une véritable démonstration de puissance des constructeurs qui se démarquent par centaines de mètres carrés de stand (1.500m² pour Hager, 1/3 de hall pour Schneider…). Un bonheur pour les installateurs et intégrateurs souvent frustrés par les salons français.

Un hall dédié au Smart Home

lbknxComme à son habitude, KNX était omniprésent lors de ce salon, et ce dès la descente de train où sur le quai de la gare était sérigraphié le logo ‘KNX’ pour indiquer la direction du salon. Difficile une fois sur place de ne pas remarquer le logo de l’association, présent sur quasiment la totalité des stands (y compris celui d’EnOcean). KNX disposait d’un emplacement très important au centre du salon, et avait également des stands avec des représentants dans plusieurs halles qui regroupaient les industriels. Côté nouveauté, l’ouverture des protocoles était mise en avant par beaucoup de constructeurs, qui illustraient leur interopérabilité (via une passerelle) avec le monde de l’internet des choses (IoT). En exemple, beaucoup de stand incluaient une enceinte connectée Sonos (utilisant le protocole UPnP) ainsi qu’une ampoule Phillips Hue (protocole Zigbee Light Link). De son côté, BleuComm’Azur dévoilait un serveur de réalité augmentée permettant de piloter une installation KNX via la caméra du smartphone.

Bien que ce salon ne soit pas dédié à l’innovation (hormis l’éclairage LED), on peut remarquer une tendance à la smart city avec plusieurs solutions de supervision, notamment chez Phillips (issu de l’éclairage public). Aussi, les bornes de recharges pour les véhicules électriques étaient moins présentent chez les électriciens que lors de la précédente édition, et commencent à apparaître chez les constructeurs de candélabres pour l’éclairage public. Ceux-ci n’hésitent plus à intégrer sur chaque mât de la production d’énergie (photovoltaïque, éolienne), des caméras, enceintes et points d’accès wifi, mais aussi directement des bornes de recharge !

Smart lighting : l’éclairage bascule dans le numérique

Si l’éclairage a été de tout temps à l’origine de grandes révolutions industrielles, la version de Light & Building 2016 ne pourra que consacrer une fois de plus cette tendance. En effet, au salon Light & Building qui s’est tenu la semaine dernière à Francfort, l’éclairage est passé indéniablement de l’ère analogique à l’ère numérique entraînant dans son sillage un pan entier de l’industrie électrotechnique dans une énorme impasse technologique. Nous avons ainsi assisté à la rupture consommée entre deux mondes. Le monde de l’électrotechnique d’une part, dominé en partie par l’industrie Allemande situé dans les Halls 8, 9 et 11 (où d’ailleurs la plupart des inscriptions sur les stands étaient en Allemand) et fédérés tout particulièrement autour du protocole KNX et le monde de l’IoT, dominé plus par de nouveaux acteurs industriels plus issus de Scandinaves ou Amérique du Nord ,  calés sur l’IP et intégrant des solutions modulaires sans fil et idéalement sans pile sur des standards tels que BLE ou dans une moindre mesure EnOcean. Au delà de la rupture technologique autour de protocoles, c’est en fait tout un univers qui est ébranlé avec une remise en cause complète des modèles économiques. A Light & Building nous avons assisté en effet à la conjonction de plusieurs tendances qui vont contribuer massivement à la mutation accélérée de la filière éco-électrique vers une filière à dominante numérique dans laquelle le Service prime avant tout sur l’équipement avec en filigranes la remise en cause du Bus au profit de solutions sans fil et sans pile pour l’infrastructure de commande sur protocoles BLE ou EnOcean et le déplacement de l’intelligence pour le contrôle vers le Cloud via des webservices. Le tout pour plus de flexibilité et de modularité avec deux objectifs majeurs soit plus d’efficience en mutualisant les équipements et les infrastructures et plus de confort. Fort de ce constat, il est fort à parier que cette tendance va s’accélérer nettement dans les mois à venir, car qui pourrai s’opposer à une réduction massive des coûts globaux tout en apportant plus de confort et de flexibilité pour l’usager. Ces nouveaux acteurs tels que Xicato, Gooee, Casambi, Houm, Radium, Top Light, Regiolux, Helvar, Xenio… arrivent avec une solution complète intégrant la source lumineuse ainsi que les éléments de contrôle et de commande. La plupart des points de commande sont sans fil (idéalement sans pile) avec de nouveaux design. C’est quelque part la mort annoncée de l’interrupteur traditionnel.

Cette tendance va encore s’accélérer avec l’arrivée du LiFi qui devrait être boostée par Apple qui a prévu de l’intégrer en standard dans son Iphone. En conclusion, le 1er point de commande de l’éclairage devrait être le Smartphone avec en complément des boutons poussoirs sans fil (sans pile) pour des commandes locales facilitées, le tout sur BLE et bientôt LiFi. Au-delà de l’éclairage, la lumière mutualisera d’autres fonctions telles que le transport de données (LiFi) ou bien d’autres fonctions liées à la lumière connectée telles que la géolocalisation, l’alarme, le confort, l’information,… Par ailleurs la généralisation de l’éclairage LED dans les Bâtiments conjuguée avec le LiFi va accélérer le déploiement du POE (Power Of Ethernet) permettant de transmettre sur le même câble : Datas et Power et par voie de conséquence la mise en place de réseau DC qui se justifieront d’autant plus qu’une production d’énergie locale viendra progressivement compenser une production centralisée. Les fabricants de PC type Apple ont d’ailleurs déjà anticipé cette tendance puisqu’ils ont supprimé l’alimentation électrique en la remplaçant par l’USB3.C qui devrait à terme être généralisée au niveau mondial en lieu et place de la RJ45 combinée à une prise électrique pour autant que la puissance demandée n’excède pas 100 Watts, ce qui couvre déjà beaucoup d’applications. Par conséquent après la fin annoncée de l’interrupteur, la fin partielle de la prise électrique telle que nous la connaissons semble également annoncée. La question qui se pose aujourd’hui est avant tout de savoir à quel horizon de temps cette mutation va se produire. Il est fort probable qu’avec la force d’internet et compte tenu des avantages indéniables tant fonctionnels qu’économiques de ces nouvelles solutions cette transition soit aussi rapide que brutale pour l’ensemble de l’écosystème. La mutation  numérique est en marche et rien ne pourra l’arrêter.

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